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01. Pure Morning Pure Morning... on imagine aisément une matinée d'octobre 1998, un ado torturé s'enferme chez lui, tire les rideaux, Play... l'histoire peut maintenant commencer. Fini les guitares vomissantes, place à la plus belle gueule de bois de cette fin de siècle. Sample électro et beat métronomique... séance de démaquillage à l'acide plutôt surprenante. La guitare se suffit d'une boucle effrénée, à peine saturée mais violemment métallique. Les premières paroles sont parachutées par une voix venue d'ailleurs. Le son froid et typiquement urbain s'impose comme un orage en pleine ville. Le refrain surgit avec un riff sur-saturé alternant power-cordes et mute. Le rythme est donné, mieux vaut ne pas le lâcher. Les couplets s'enchaînent, dirigés par le mantra : "Pure Morning"... C'est une belle journée qui commence.
02. Brick Shithouse Un bruit qui dérange. Puis un deuxième. Et un troisième, plus saturé. Une voix au mégaphone qui nous apostrophe : « Meet the brick shithouse… This is the Brickshit house… I met the brick shithouse… ». Une guitare qui vrombit, la course Brickshit house est partie. Entre guitare écorchée, batterie tumultueuse et Brian qui menace, la rancœur est palpable. L’oppression aussi. Le punk rock de Brick Shithouse est sans concession à la fois, obscur et mélodieux, terriblement efficace.
03. You Don't Care About Us You Don’t Care About us évoque une relation amoureuse tumultueuse. Un amant reproche à son compagnon son attitude auto-destructrice qui brise le couple. Il ne comprend pas son comportement, « trop compliqué » et pense que ce dernier « se fout » de leur amour. On retrouve dans la mélodie de cette chanson le son des guitares acérées chères à Placebo mais aussi un rythme qui nous rappelle étrangement celui de Just Like Heaven des Cure. Le clip quant à lui nous montre le groupe servant d’appât à des requins pour le plus grand plaisir d’un groupe d’écoliers anglais. Mais ces derniers déchantent très vite lorsqu’ils se rendent compte que les requins ne sont pas attirés par la nourriture qui leur est servie…
04. Ask For Answers Mélancolie de deux corps qui se séparent, assis le regard plongé dans l’horizon, il y a des choses tellement évidentes et d’autres non. Ce que tu penses de moi et inversement, nos perceptions mutuelles, ces miroirs blessants et troublants, la fin est proche, mais quelques questions subsistent. Ask for answers est la première vague calme, la première ballade de Without You I’m Nothing, remplie d’un poison noir enivrant, d’une énergie contenue ,de pleurs lancinants et de décisions arrêtées, qui font mal certes, mais nécessaires. On a juste envie de se poser, d’écouter et de faire le point, de se recentrer et de partir. Tu t'es trompé, alors pars, laisse moi. « There are no second chances ».
05. Without You I'm Nothing Nous voici plongés dans un univers obscur et solitaire. Après les implorations à la mer et les amours sans lendemain d’Ask for answers, le sentiment amoureux revient sous une note ténébreuse et obsessionnelle. La voix de Brian ondule entre les notes graves, les guitares augmentent en saturant progressivement, il décompte les heures à contretemps. Un solo vient comme un éclair annonçant l’orage puis, se jette dans une tempête de son à travers laquelle surgit (le vers) « without you i’m nothing ». Les guitares tournoient telles des flocons de neige, nous avons presque l’impression d’être dans le tableau de J-M William Turner représentant un bateau pris en pleine tempête de neige. La voix s’arrête, et les guitares finissent gravement sur un son électrique qui monte vers une nouvelle tonalité ressemblant à un éclairci, un espoir de renaître…
06. Allergic (To Thoughts Of Mother Heart) Coincée entre 2 dépressions, Allergic sonne comme une respiration, presque une crise d’euphorie musicale. Les paroles sont accessoires sur Allergic, il pourrait réciter le bottin, l’impression d’euphorie serait la meme, le riff de guitare, la boucle tout incite à sortir de soi, enlever ses affaires et courir nu(e) ... D'agréable sur l'album elle devient foudroyante en live. Dès la première note, le son part du ventre, remonte le long de l’œsophage et sort en un cri venu du fond de l'ame. C’est l’essence de cette chanson, la sensation de liberté, la sensation de la sensation presque. C’est des mains écrasées contre des barrières, de la sueur, des larmes, des pieds engourdis, des cris, des bras tendus. Je ne peux plus l’écouter normalement, elle me rend plus nostalgique que without you et the crawl réunies, parce que c’est le temps d’avant, ca fait vieille garde, mais après tout l’album a 10 ans, normal que les auditeurs aient la nostalgie de leur année 98…
07. The Crawl Après avoir crié l'amour, après la destruction... Voici le temps de la souffrance pure, dure, implacable. Cette fois, les sentiments ne sont plus à la fête, et pour de bon. Les morceaux de verre sont au sol, et se mélangent aux gouttes de sang... Sur le départ de son amour, il ne reste plus que l'imploration à Brian, qui égrenne dans ses paroles les lames tranchantes d'un amour qui a détruit les reflets de son miroir amoureux. Sentiment de désaroi que tout le monde a connu et traversé un jour... où l'on ne peut plus que ramper face à cet être aimé, qu'être celui qui plie et meurs face à la situation. Proximité qui touche au coeur tout l'auditoire, comme cela est bien trop souvent le cas avec Placebo...
08. Every You Every Me Every You Every Me s'impose énergiquement après la mélancolie instaurée par the Crawl. Cet album est en cela une vraie merveille, il alterne morceaux calmes et morceaux rythmés, on ne s'ennuie jamais en l'écoutant. La chanson est menée d'une traite, de façon terriblement efficace, comme un sursaut d'énergie au beau milieu de la léthagie mélancolique instaurée par les titres qui l'encadrent. On en ressort essouflé. Et c'est justement ce que veut la chanson, ici il est question de libertinage, de manipulation pour arriver à ses fins, pour charmer l'autre, de sexe facile. Les vrais sentiments sont mis de côté, le temps d'une relation sexuelle à laquelle il est fait allusion le long du titre. L'heure n'est donc pas à la sincérité, ou à l'introspection : on agit.
09. My Sweet Prince Débutant par des accords lourds et mélancoliques, My Sweet Prince est sans aucun doute le titre le plus noir de l'album. Les paroles ne se contentent pas de nous plonger dans un enfer musical, elles nous racontent aussi une relation entre deux hommes. Un événement qui rend le tout plus boulversant encore. Une histoire d'amour qui s'entremêle à une histoire de drogue. Une histoire qui fini de façon tragique, et qui nous prend par les tripes, sans relâche, jusqu'à la dernière note. Au fil du temps, la dépression de Brian s'accroit, la respiration se fait difficile, on a le souffle coupé. L'amour se transforme en souffrance et coule le long des joues, interminablement. La passion devient destruction et on ne voit plus le fond du tunnel. Le sentiment de mal être déchire les amants et les "My sweet prince, you are the one" se font pesants et lacèrent les coeurs des amoureux.
10. Summer's Gone Summer's gone ... L'été s'en serait allé ? Curieux. Le morceau donne plutôt l'impression contraire. A peine commencé, les premiers accords nous embarquent : on se sent bien soudainement léger, comme transporté dans un cadre enchanteur, Brian & co à nos côtés. On s'imagine volontiers dans un champ sous un fine pluie d'été. La mélodie cavalante, nous saisit la main, nous entraînant pour une ronde à quatre temps. C'est parti ! La ballade nous raconte l'espoir, la musique et son pouvoir avec beaucoup de douceur. La voix de brian se fait souffle d'air chaud, on respire, gagnés par l'euphorie pop. Et puis la mélodie nous envoie ballader, elle passe son chemin. Juste à temps, juste avant que nos têtes se mettent à tourner.
11. Scared Of Girls Quelle est la vraie motivation de cet homme ? Se sent il au sommet du monde, écrasant d'arrogance toutes ses conquêtes, ou n'agit il que par impulsion, par autodéfense mécanique ? Attrapant l'estomac à pleine main, et faisant recracher des volutes de sang par la bouche, Scared of girls est un titre injustement mis sur la touche. Dix ans plus tard, Stefan lui-même a avoué regretter que ce titre ne soit pas devenu un single. Pas mieux.
12. Burger Queen L'album fait semblant de finir sur une note nostalgique, avec la douce Burger Queen. Celle-ci surprend, trompe, en faisant rimer des termes relativement étrangers des mélodies pop du genre: érection, infection. Enfait, cette chanson au delà d'une simple ballade, sonne comme la plus triste des chansons de Placebo, empreinte de nostalgie, de mélancolie mais également d'espoir, on respire a travers elle l'air de Luxembourg, on ressent le spleen de Molko dans ces années noires, qui malgré tout lui aura permis d'écrire de telles merveilles. Finalement, c'est comme si on vivait la chanson, plus qu'on ne l'écoutait.
Ghost Track : Evil Dildo Intrigante, étrange, violente, étouffante, sensuelle, terriblement sexuelle aussi. L’instrumental nous laisse face à notre imaginaire. Sorti comme un long cri suivant une crise d’angoisse, de claustrophobie. La ghost track rappelle les origines du trio un rock gras, brut, plein d’émotions fortes et de rage. Les messages téléphoniques inquiètent, plombent l’ambiance et la rendent tendue, froide, électrique voire cauchemardesque.
Hey motherfucker aussi inquiétant que rock'n'roll ...
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